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Histoire - Valentin Haüy

1745-1822

 

Né le 13 novembre 1745 à Saint-Just en Chaussée (Oise), Valentin Haüy quitte son village avec sa famille en 1751 pour se rendre à Paris. Il fera des études classiques à la Sorbonne et, doué pour les langues il en pratiquera plusieurs dont le latin, le russe, le grec et l'hébreu.

Dès 1771, Valentin HAÜY songe à s'occuper des aveugles en les voyant mendier à la foire Saint Ovide et en 1785, il ouvrira à Paris, à ses frais rue Coquillière, la première école gratuite pour de jeunes aveugles, filles et garçons . 

A l'aide de caractères en relief et mobiles, il se charge de l'éducation de François Lesueur, un jeune aveugle que lui a confié la Société Philanthropique . 

Le nombre d'élèves ayant augmenté, la Société Philanthropique loue à son compte cette fois, une maison située rue Notre-Dame-des-Victoires. L'Institution des Enfants-aveugles s'y installe en février 1786.

En 1786 Valentin Haüy publie un ouvrage pour expliquer sa méthode : "Essai sur l'Education des aveugles ou exposé des différents moyens vérifiés par l'expérience pour les mettre en état de lire, à l'aide du tact, d'imprimer des livres..., d'exécuter différents travaux relatifs aux métiers ".

L'ouvrage imprimé par les "Enfants-aveugles" est dédié à Louis XVI et lui est présenté au cours d'une séance organisée le 26 décembre 1786 à Versailles.

Par décret du 28 juillet 1791, l'Assemblée constituante nationalise l'institution des jeunes aveugles, et affecte le couvent des Célestins aux aveugles-nés et aux sourds-muets. La double école est placée sous l'autorité du Ministre de l'intérieur qui s'occupait de l'Instruction Publique.  

19 personnes dont 8 répétiteurs aveugles sont désignés pour accueillir 30 élèves.

Valentin Haüy nommé Premier instituteur voit son école, devenue établissement public, dispenser un enseignement général, musical et professionnel.  

Cette cohabitation sera cependant une source de conflits entre Valentin Haüy et le "Premier instituteur" de l'Institut des sourds-muets de Paris.  

Par décret du 28 juillet 1795, la Convention donne une nouvelle organisation à l'école et une priorité à l'enseignement professionnel. L'établissement sera transféré dans la Maison des filles Sainte Catherine, 34 rue Denis au coin de la rue des Lombards et devient "l'Institut National des Aveugles Travailleurs".  

Si chaque élève doit apprendre un métier Valentin Haüy ne négligera pas pour autant l'enseignement général ni l'impression en relief et des répétiteurs donneront des leçons de musique. Valentin Haüy reste fidèle à son projet.  

En octobre 1800, en raison des difficultés financières de l'Institut, le gouvernement décide de rattacher l'Institut aux Quinze-Vingts. L'établissement perd son caractère éducatif, l'enseignement est réduit à deux heures par jour ; les élèves passent leur journée à filer de la laine dans une manufacture de draps.  

Valentin Haüy ne peut admettre ces mesures. Il préfère quitter l'établissement. Il est mis à la retraite anticipée par arrêté du 12 février 1802.   

En 1806, l'empereur de Russie le fait venir à Saint-Pétersbourg. En passant par Berlin, le roi Frédéric-Guillaume III le reçoit. En août 1806, il crée l'école des aveugles de Berlin et celle de Saint-Pétersbourg en 1808.   

Il restera en Russie jusqu'en 1817 et s'occupera de l'éducation des aveugles et des sourds muets. A son retour, il demandera, mais en vain à Louis XVIII de lui redonner son titre de directeur de l'Institut. Il reverra son école le 21 août 1821 au cours d'une émouvante cérémonie.   

Valentin Haüy mourra 7 mois plus tard, le 18 mars 1822. Il est inhumé à Paris au cimetière du Père Lachaise.